La Science à l'Épreuve de la Critique : Réflexions sur l'Universalité et les Limites

La Science, un Univers à Explorer
« Vive la science ! » clame Yves Gingras, soulignant l'importance d'une critique éclairée qui est tout aussi nécessaire. En toute franchise, je dois admettre que ma connaissance des sciences dites naturelles est limitée. J'ai réussi mes cours au secondaire, mais à l'exception de la biologie, aucune autre matière ne me captivait réellement. En y repensant, je réalise que cela doit beaucoup à la manière dont ces disciplines m'ont été présentées : froidement, sans contexte historique ou social, ce qui m'a laissé sur ma faim.
Une Éducation à Repenser
Mon intérêt pour les sciences humaines et sociales s'est développé plus tard, grâce à la lecture. J'ai toujours été fasciné par l'histoire, la sociologie, la psychologie, l'économie et la philosophie. Cependant, je ressentais parfois que mes lacunes en sciences naturelles m'empêchaient d'avoir une vue d'ensemble du monde. Dans son ouvrage La passion du réel (Liber, 1998), Laurent-Michel Vacher affirmait que des connaissances scientifiques de base sont indispensables à une pratique sérieuse de la philosophie, et cette idée m'a convaincu.
Des Lectures Éclairantes
Des auteurs tels que Darwin, Stephen Jay Gould, Alan-F. Chalmers et Hubert Reeves ont enrichi ma compréhension. J'ai particulièrement aimé Les héritiers de Prométhée (PUL, 1998), où l'astrophysicien Jean-René Roy explore la transformation profonde de la nature et de l'humanité par la science, ainsi que ses implications sociales et morales. J'ai également été impressionné par les écrits d'Yves Gingras. Historien et sociologue des sciences, Gingras possède une solide formation en physique et un véritable talent pour l'écriture. Il sait captiver son audience avec un style à la fois accessible et percutant.
Les Sciences sous un Autre Angle
Dans son dernier ouvrage, Les sciences sous ma loupe (Boréal, 2026), Gingras a rassemblé 70 chroniques, principalement parues dans la revue française Pour la science. Ces textes ne sont pas des vulgarisations, mais plutôt des critiques de science, un peu à l'image de la critique littéraire. Gingras s'efforce d'analyser la façon dont les scientifiques établissent des connaissances robustes tout en évaluant leurs limites.
Un Scepticisme Constructif
Bien qu'il valorise la science, Gingras plaide également pour un sain scepticisme concernant certaines pratiques scientifiques. Il définit la science comme « cette activité qui vise à rendre raison des phénomènes par des causes naturelles ». La connaissance qui en résulte est une « croyance vraie et justifiée », selon Platon, validée par des méthodes reconnues et accessibles à tous, sans distinction de sexe ou d'origine ethnique.
Universalité de la Science
« Les sciences, souligne Gingras, visent l’universalité. » Ainsi, il n'est pas pertinent de parler d'une science occidentale, autochtone ou décolonisée. La science ne peut être que vraie ou fausse, utile ou inutile. Dans cette perspective, la science ne doit pas se plier au « respect des croyances ». Gingras pose une question provocante : Galilée aurait-il dû se taire après avoir prouvé que la Terre tourne autour du Soleil ? Devrait-on arrêter d'enseigner la théorie de l'évolution parce qu'elle dérange certains dogmes religieux ? Accepter cela, c'est mettre en péril l'essence même de la science.
La Science en Question
Gingras cite des études montrant que « plus la croyance et la pratique religieuse s'accroissent, moins la connaissance des faits scientifiques et la confiance envers la science sont élevées ». Bien que ne pas être religieux ne rende pas scientifique, une foi intense semble constituer un obstacle à l'acquisition de connaissances scientifiques.
Un Appel à la Raison
Cependant, les scientifiques ne sont pas infaillibles. Gingras les critique lorsqu'ils ne respectent pas les données probantes lorsque leurs intérêts sont en jeu, met en lumière les angles morts des revues savantes et défie les classements douteux des universités. À chaque page, il proclame : « Vive la science ! » et rappelle que sa critique éclairée est essentielle, car la science reste une entreprise humaine.
Ce texte fait partie de notre section Opinion, qui promeut la diversité des voix et des idées. En tant que chronique, il reflète les valeurs et la position de son auteur et non nécessairement celles du Devoir.

David Lee
Créateur de Contenu chez Sigal Industries.


