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La Science en Question : Un Regard Critique sur la Pratique Scientifique

David Lee3 mars 2026sante
La Science en Question : Un Regard Critique sur la Pratique Scientifique

La Science, un Pilier de l'Universalité

« Les sciences, souligne Gingras, visent l’universalité. » Par conséquent, il est illogique de parler d'une science occidentale, autochtone ou décolonisée. La science ne peut être que vraie ou fausse, utile ou inutile.

Un Appel à la Raison

« Vive la science ! », s'exclame Yves Gingras, qui prône également une critique éclairée, tout aussi essentielle. Pour être tout à fait franc, je dois admettre que mes connaissances dans le domaine des sciences naturelles restent limitées. J'ai réussi mes cours de sciences au secondaire, mais, à part la biologie, aucune de ces matières ne me captivait véritablement.

En y repensant, je réalise que c'est la manière dont ces disciplines étaient enseignées qui m’a déconcerté : froide, désincarnée, et dépourvue de contexte historique et social. En tant qu'étudiant, je m'intéressais au sort de l'être humain, tandis qu'on m'incitait à jongler avec des équations abstraites. En cours de physique, par exemple, le concept du Big Bang n'a jamais été abordé. Ces leçons semblaient davantage servir à la sélection scolaire qu'à nous aider à comprendre et à apprécier la réalité.

La Lecture comme Éveil

J'ai trouvé refuge dans la lecture, une activité presque absente des cours de sciences au secondaire et même au collégial. C'est grâce à cela que j'ai pu développer un intérêt pour les sciences. L'histoire, la sociologie, la psychologie, l'économie et la philosophie sont devenues mes passions. En parcourant des ouvrages en sciences humaines et sociales, j'ai souvent ressenti que mes lacunes en sciences naturelles me privaient d'une compréhension plus approfondie du monde.

Dans La passion du réel (Liber, 1998), Laurent-Michel Vacher affirmait que des connaissances scientifiques de base étaient indispensables à une pratique sérieuse de la philosophie. Ses mots m'ont convaincu. J'ai alors découvert Darwin, Stephen Jay Gould, Alan F. Chalmers et Hubert Reeves avec un certain plaisir. J'ai particulièrement aimé Les héritiers de Prométhée (PUL, 1998), un ouvrage dans lequel l'astrophysicien Jean-René Roy explore « la profonde transformation de la nature et de l'homme qu’a apportée la science » ainsi que ses aspects sociaux et moraux.

Gingras, un Éclaireur de la Science

Et j'ai lu Yves Gingras. Devenu historien et sociologue des sciences après avoir obtenu une maîtrise en physique, Gingras est un véritable savant, tant en sciences naturelles qu'en sciences humaines, et il sait écrire avec brio. Il maîtrise l'art de la communication, qu'elle soit courte ou longue, et il pimente ses textes d'une touche de polémique, tout en éclairant sans ennuyer.

En 2008, lors de la publication de Parlons sciences (Boréal), un recueil d'entretiens avec Yanick Villedieu, je l'avais qualifié de « monsieur Science » du Québec, et cette appellation reste d'actualité. Dans son dernier ouvrage, Les sciences sous ma loupe (Boréal, 2026, 344 pages), Gingras a rassemblé 70 chroniques, majoritairement parues dans la revue française Pour la science.

Critique et Évaluation de la Science

Il précise que ces textes ne relèvent pas de la vulgarisation scientifique, visant à simplifier des contenus complexes, mais plutôt de « critiques de science », à l'instar de la critique littéraire. Plus précisément, ce sont des « analyses qui visent non seulement à mieux comprendre la manière dont les scientifiques établissent des connaissances robustes, mais aussi à évaluer leurs limites ». Gingras valorise la science tout en plaidant pour un « sain scepticisme » face à la manière dont elle est parfois pratiquée.

Pour lui, la science est « cette activité qui vise à rendre raison des phénomènes par des causes naturelles ». La connaissance qui en découle est une « croyance vraie et justifiée », selon les mots de Platon, c'est-à-dire validée par des méthodes reconnues et accessibles à tous, sans distinction de sexe ou d'origine ethnique.

Un Appel à la Vigilance

« Les sciences, souligne Gingras, visent l’universalité. » Ainsi, il n'est pas pertinent de parler d'une science occidentale ou autochtone. La science ne devrait être que vraie ou fausse, utile ou inutile, point. Dans ce même esprit, la science ne doit pas se plier aux diktats du « respect des croyances ». Galilée aurait-il dû se taire après avoir prouvé que la Terre tourne autour du Soleil ? Faut-il cesser d'enseigner la théorie de l'évolution parce qu'elle « blesse » certains croyants intégristes ? Accepter de telles restrictions reviendrait à étouffer la science.

Gingras cite plusieurs enquêtes montrant que « plus la croyance et la pratique religieuse s'accroissent, moins la connaissance des faits scientifiques et la confiance envers la science sont élevées ». Bien que ne pas être religieux ne rende pas scientifique, une ferveur religieuse semble constituer un obstacle à cette quête de connaissance.

Vers une Science Plus Éthique

Cependant, les scientifiques ne sont pas toujours exempts de reproches. Gingras les prend parfois en flagrant délit de non-respect des données probantes lorsque leurs intérêts sont en jeu. Il met en lumière les angles morts des revues savantes, la course à la publication et les classements universitaires douteux.

« Vive la science ! », clame Gingras à chaque page, et sa critique éclairée est tout aussi nécessaire, car la science reste toujours humaine. Ce texte fait partie de notre section Opinion, qui encourage une pluralité de voix et d'idées. Il s'agit d'une chronique et, en ce sens, elle reflète les valeurs et la position de son auteur, et non nécessairement celles du Devoir.

Author

David Lee

Créateur de Contenu chez Sigal Industries.

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