
Dans une action qui suscite l'indignation internationale, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont exprimé leur désapprobation suite à la saisie par Israël d'une flottille d'aide humanitaire en eaux internationales, au large de la Grèce. Cette opération a également entraîné la détention de plusieurs dizaines d'activistes humanitaires.
Les gouvernements de Rome et de Berlin ont appelé Israël, lors d'une déclaration faite jeudi, à « respecter pleinement le droit international » et à « faire preuve de retenue face à des actions irresponsables ». Ils ont également exprimé leur grande préoccupation concernant les événements entourant la flottille.
De son côté, la première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exigé la « libération immédiate » de tous les Italiens « détenus illégalement ». Il est à noter que des citoyens italiens et allemands se trouvaient à bord de la flottille.
Dans une déclaration conjointe, 11 pays, dont l'Espagne et la Turquie, ont affirmé que « la détention illégale d'activistes humanitaires en eaux internationales constitue une violation flagrante du droit international et du droit humanitaire international ». Ces pays ont appelé les autorités israéliennes à prendre les mesures nécessaires pour « assurer la libération immédiate des activistes détenus », condamnant « dans les termes les plus fermes l'assaut israélien sur la Flottille Global Sumud ».
Le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié l'attaque contre la flottille d'« acte de piraterie », en violation des valeurs humanitaires et du droit international.
Israël a déclaré que sa marine avait intercepté plus de 20 navires de la flottille, à l'ouest de Crète, soit environ 1 000 kilomètres des côtes israéliennes. Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué qu'environ 175 activistes étaient transportés vers Israël « pacifiquement ». Selon le ministère, l'intervention israélienne a eu lieu après que la flottille a « tenté activement de bloquer un navire marchand israélien », d'après le Times of Israel.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a précisé que les activistes détenus seraient débarqués en Grèce, en coordination avec le gouvernement athénien, qui aurait donné son accord. Cependant, cette information n'a pas été confirmée par les autorités grecques.
Sa'ar a également ajouté que tous les activistes avaient été retirés des navires « sans blessure ».
Les membres du groupe d'aide ont qualifié l'opération d'« attaque violente en eaux internationales ». Selon les témoignages, des bateaux rapides israéliens se seraient approchés de la flottille durant la nuit, et des soldats auraient prétendument pointé des lasers et des armes semi-automatiques vers les navires. Les personnes à bord auraient reçu l'ordre de se rassembler à l'avant et de s'agenouiller.
Le groupe a également allégué que les forces navales avaient pris d'assaut plusieurs bateaux, « brisant des moteurs » et « laissant intentionnellement des centaines de civils échoués sur des navires sans puissance et en panne », alors qu'une tempête approchait. Des perturbations dans les communications ont également été rapportées.
Des dizaines de navires transportant des activistes de plusieurs pays ont pris la mer depuis la Sicile dimanche, en direction de la Gaza, dans ce que les organisateurs décrivent comme la plus grande flottille à ce jour tentant d'atteindre ce territoire palestinien en proie aux conflits. Les activistes visent à défier le blocus naval israélien en place depuis 2007, soutenu par l'Égypte, et à livrer des fournitures humanitaires à la région. Ils militent également pour l'établissement d'un corridor humanitaire permanent.
Suite à l'incident de mercredi soir, plusieurs navires de la flottille poursuivent leur route. Plusieurs embarcations se déplaçaient le long des côtes de Crète dans les eaux territoriales grecques jeudi soir, comme le montre les données de l'outil de suivi en ligne des organisateurs de la flottille et du système de suivi maritime Marine Traffic.
Pour l'heure, la flottille n'a pas communiqué d'informations concernant ses futurs plans. Les organisateurs continuent d'accuser Israël d'utiliser la force violente. Israël, de son côté, insiste sur le fait que son action contre la flottille est conforme au droit international, accusant les organisateurs d'avoir collaboré avec le groupe militant palestinien Hamas, qui contrôle encore environ la moitié de la bande de Gaza.
