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Moins de pollution, mais une montée inattendue du méthane : le paradoxe du confinement décrypté par la science

David Lee20 février 2026sci-tech
Moins de pollution, mais une montée inattendue du méthane : le paradoxe du confinement décrypté par la science

Une expérience planétaire sans précédent

Les périodes de confinement imposées par la pandémie de Covid-19 ont constitué une opportunité unique pour les climatologues. Grâce à une combinaison d'observations satellites, de réseaux de mesures et de modèles climatiques, les scientifiques ont pu étudier les effets rapides des changements d'activité humaine sur le cycle de l'eau et l'équilibre des gaz à effet de serre à l'échelle mondiale.

Des émissions de CO2 en baisse

Au printemps 2020, les images de villes désertées et de ciels plus clairs ont nourri l'idée d'une pause bénéfique pour le climat. En effet, les émissions de dioxyde de carbone ont connu une baisse significative pendant les premiers mois de la pandémie. Cependant, derrière cette accalmie apparente, un autre gaz a suivi une trajectoire opposée.

Une hausse du méthane inattendue

Le méthane, bien que moins visible, est un gaz à effet de serre particulièrement efficace pour piéger la chaleur. Pendant la pandémie, il a enregistré une hausse sans précédent, la plus importante depuis le début des mesures modernes dans les années 1980. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette augmentation ne résulte pas d'une explosion des émissions humaines, mais plutôt d'un affaiblissement temporaire des mécanismes naturels qui éliminent ce gaz de l'atmosphère.

Le rôle des radicaux hydroxyles

Normalement, le méthane est détruit par des radicaux hydroxyles, des molécules très réactives formées lors de réactions impliquant la lumière solaire et certains polluants issus de la combustion. Avec la réduction du trafic routier, aérien et industriel durant le confinement, les émissions d'oxydes d'azote ont chuté, ce qui a diminué la formation de ces radicaux. Moins de polluants ont donc entraîné une capacité réduite de nettoyage de l'atmosphère.

Des études révélatrices

Une étude publiée en février 2026 dans la revue Science souligne que cette baisse de l'oxydation explique environ 80% des variations annuelles observées dans l'accumulation de méthane au début de la décennie. Les chercheurs ont reconstitué ce phénomène en utilisant des données provenant de la National Oceanic and Atmospheric Administration, des observations satellitaires japonaises (GOSAT) et plusieurs modèles atmosphériques indépendants.

Des facteurs naturels en jeu

En parallèle de ce frein chimique, un autre facteur a joué un rôle crucial : un épisode prolongé de La Niña, qui a coïncidé avec des précipitations plus abondantes dans de nombreuses régions tropicales. Les sols saturés d'eau et l'expansion des zones inondées ont créé un environnement propice aux micro-organismes producteurs de méthane.

Les contributions des zones humides

Les analyses menées par une équipe internationale dirigée par Philippe Ciais révèlent que les zones humides d'Afrique tropicale et d'Asie du Sud-Est ont été les principales sources de l'augmentation des émissions naturelles entre 2019 et 2022. Les lacs, les eaux intérieures et les rizières ont également contribué à ce phénomène. Les signatures isotopiques du méthane dans l'atmosphère confirment son origine majoritairement microbienne, écartant l'idée d'une fuite massive liée aux énergies fossiles ou aux incendies.

Une réponse rapide des systèmes naturels

Des chercheurs de Boston College, cités par Eurekalert, soulignent que ces systèmes naturels sont souvent mal représentés dans de nombreux modèles climatiques. Leur capacité à réagir rapidement aux variations de température et d'humidité aide à expliquer pourquoi le méthane a continué d'augmenter même lorsque certaines émissions humaines diminuaient.

Une réalité préoccupante

L'épisode du début des années 2020 met en lumière une réalité inquiétante : les politiques de qualité de l'air et de réduction des émissions ne produisent pas toujours des résultats simples et immédiats sur le climat. Comme l'a résumé l'Agence spatiale européenne dans une analyse publiée en février 2026, les surprises climatiques dépendent autant de la réaction de l'atmosphère que de la quantité de gaz émis.

Un suivi indispensable

La reconstruction du bilan mondial du méthane jusqu'en 2023 montre que la récente diminution de son rythme de croissance est due à la fois au retour progressif des radicaux hydroxyles et à des conditions plus sèches liées à El Niño dans certaines régions d'Amérique du Sud. Cette variabilité rapide souligne l'importance d'un suivi continu, intégrant satellites, réseaux de mesures au sol et modèles climatiques prenant en compte la chimie atmosphérique.

Un avenir incertain

Alors que près de 160 pays se sont engagés dans le Global Methane Pledge pour réduire leurs émissions d'ici la fin de la décennie, la leçon est claire : limiter les rejets humains reste essentiel. Cependant, comprendre comment le climat influence les sources naturelles de méthane devient tout aussi crucial pour éviter de nouvelles hausses inattendues de ce gaz dans les années à venir.

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Author

David Lee

Créateur de Contenu chez Sigal Industries.

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