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Santé numérique : La France se détourne de Microsoft pour héberger ses données de santé

David Lee20 février 2026sante
Santé numérique : La France se détourne de Microsoft pour héberger ses données de santé

Santé numérique : Un tournant décisif pour le Health Data Hub

Le gouvernement français a officiellement lancé, le jeudi 6 février 2026, un appel d'offres visant à remplacer Microsoft en tant qu'hébergeur du Health Data Hub, la plateforme nationale qui centralise les données de santé des Français destinées à la recherche. Cette décision, attendue depuis plus de cinq ans, représente un tournant majeur dans la quête de souveraineté numérique de la France.

Une annonce conjointe des ministres

Trois ministres ont cosigné le communiqué annonçant cette rupture historique : Stéphanie Rist (Santé), David Amiel (Réforme de l'État) et Anne Le Henanff (Numérique). Ils ont précisé que l'attribution de ce marché interviendra fin mars 2026, confirmant ainsi un calendrier serré pour une migration effective dès l'été 2026.

Le contexte du Health Data Hub

Créé en 2019, le Health Data Hub avait été confié à Microsoft Azure dans des conditions controversées. La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) n'avait jamais validé le transfert complet des données de la Sécurité sociale vers les serveurs américains, n'autorisant que des transferts limités et encadrés pour des projets spécifiques. Cette réticence était due au Cloud Act américain, une loi fédérale qui permet aux autorités des États-Unis de contraindre toute entreprise américaine à livrer des données, même si elles sont hébergées à l'étranger.

Les exigences pour les nouveaux candidats

La condition sine qua non imposée aux candidats est la certification SecNumCloud, un label de cybersécurité délivré par l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information). Ce standard garantit que le prestataire opère hors de toute juridiction extraterritoriale, excluant ainsi de facto les géants américains du cloud, tels que Microsoft, Amazon Web Services et Google, de la compétition.

Les consortiums présélectionnés

Selon des informations publiées par le média L'informé le 30 janvier dernier, quatre consortiums ont été présélectionnés :

  • Cloud Temple associé à Atos
  • OVHcloud avec Docaposte
  • Orange Business
  • S3NS, la coentreprise de Thales et Google, récemment qualifiée SecNumCloud

Cloud Temple/Atos et OVHcloud/Docaposte ont confirmé leur participation, tandis qu'Orange Business et S3NS n'ont pas souhaité commenter publiquement.

Le marché intercalaire et ses implications

Le marché, dit « intercalaire », est évalué à 6 millions d'euros. Il s'agit d'une solution transitoire visant à transférer la base de données vers un hébergement certifié, avant une bascule complète vers un opérateur permanent. Cette approche pragmatique témoigne de la complexité technique d'une telle migration, après des années de dépendance à l'infrastructure de Microsoft.

Les enjeux de la transition

Le parcours du Health Data Hub illustre les tensions entre ambition technologique et impératifs de protection des données sensibles. Dès novembre 2020, l'État s'était engagé à abandonner Microsoft sous deux ans. Cependant, la feuille de route avait ensuite repoussé l'échéance à 2025, avant un nouveau glissement qui avait acté l'impossibilité technique d'une bascule immédiate.

Une obligation légale pour la souveraineté des données

Ce n'est qu'avec l'adoption de la loi SREN (Sécuriser et réguler l'espace numérique) en 2024 que ce mouvement a été contraint juridiquement. Ce texte oblige tout gestionnaire de données sensibles à recourir à un prestataire présentant des garanties de souveraineté, rendant le statu quo avec Microsoft intenable.

Un mouvement européen vers la souveraineté numérique

La décision française s'inscrit dans un mouvement européen plus large visant à reprendre le contrôle des actifs numériques stratégiques. Les données de santé, considérées comme relevant du domaine régalien au même titre que la défense, ne pouvaient indéfiniment rester sous la juridiction d'une puissance étrangère.

Les défis à relever

Reste à savoir si cette transition, maintes fois reportée, tiendra cette fois ses promesses. Au-delà du choix d'un hébergeur, c'est la capacité de la France à bâtir une véritable autonomie numérique qui se joue. Un objectif qui, comme le soulignent les observateurs, « nécessitera un investissement soutenu, une volonté politique continue et une stratégie industrielle de long terme ».

Pour conclure, cette étape cruciale dans la gestion des données de santé en France pourrait ouvrir la voie à une plus grande indépendance numérique, essentielle à la protection des données sensibles des citoyens.

Author

David Lee

Créateur de Contenu chez Sigal Industries.

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