
Le gaspillage alimentaire est un problème qui prend de l'ampleur à l'échelle mondiale. Chaque année, environ 1 milliard de tonnes d'aliments comestibles sont gaspillées, soit près du cinquième de ce qui est destiné aux consommateurs. Ce phénomène a des répercussions considérables sur la société et l'environnement.
Selon la FAO, 13,2 % des denrées alimentaires sont perdues avant d'atteindre le commerce de détail, ce qui représente des pertes estimées à 400 milliards de dollars. De plus, 19 % supplémentaires sont gaspillées au niveau du commerce de détail et des consommateurs. Ce gaspillage massif de ressources contribue aux émissions de gaz à effet de serre, à la pollution environnementale et à l'appauvrissement de la biodiversité.
Le Centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l'alimentation et l'agriculture joue un rôle crucial en aidant les pays à réduire les pertes et les gaspillages alimentaires grâce à des solutions fondées sur la science. Voici cinq manières dont la science nucléaire contribue à cette lutte :
L'irradiation est une technique innovante, sûre et non invasive qui utilise des rayonnements tels que les rayons X ou gamma pour prolonger la fraîcheur et la sécurité sanitaire des aliments. Ce procédé réduit les micro-organismes et les ravageurs responsables de la détérioration des aliments, augmentant ainsi leur durée de conservation. Par exemple, l'irradiation permet de conserver des fraises fraîches jusqu'à sept jours de plus au réfrigérateur.
Les aliments contaminés par des agents pathogènes ou des toxines, souvent détectés lors de contrôles aux frontières, sont fréquemment retirés de la vente et jetés. Les méthodes nucléaires, telles que la spectrométrie de fluorescence X et l'activation neutronique, permettent de détecter ces contaminants rapidement et avec précision. Cela renforce les systèmes de sécurité sanitaire des aliments et limite l'élimination inutile des denrées alimentaires.
Les techniques nucléaires peuvent également accélérer le processus naturel d'amélioration des plantes. En développant des variétés de cultures plus résistantes aux contraintes climatiques, aux ravageurs et aux maladies, l'AIEA soutient la sélection par mutation et les biotechnologies associées. Cela a permis, par exemple, de créer une variété de chou-fleur résistante à des maladies spécifiques à Maurice, réduisant ainsi l'utilisation de pesticides et renforçant la sécurité alimentaire.
Chaque année, des millions de tonnes de récoltes sont perdues à cause des ravageurs. La technique de l'insecte stérile consiste à utiliser des rayonnements ionisants pour stériliser des insectes en masse, qui sont ensuite relâchés dans des zones infestées. Incapables de se reproduire, ces insectes stérilisés contribuent à réduire la population de ravageurs au fil du temps. Des pays comme la République dominicaine ont utilisé cette méthode pour protéger leurs cultures et faciliter l'accès aux marchés d'exportation.
Les denrées alimentaires peuvent se détériorer en attendant des contrôles de conformité. Les techniques nucléaires permettent de vérifier l'authenticité des aliments, de détecter leur adultération et de garantir le respect des normes internationales. Une certification plus rapide et fiable aide à réduire les retards et les pertes alimentaires causées par l'altération pendant le transit.
À travers le Centre mixte FAO/AIEA, l'AIEA et la FAO collaborent pour renforcer la sécurité sanitaire et la qualité des aliments. Leur initiative, Atoms4Food, vise à utiliser des techniques nucléaires innovantes pour améliorer la productivité agricole, réduire les pertes alimentaires et assurer la sécurité alimentaire tout en améliorant la nutrition. Ce partenariat est essentiel pour construire un avenir « zéro déchet » dans le domaine alimentaire.
Pour plus d'informations, vous pouvez contacter le Centre international de Vienne :