
Dans un contexte de tensions croissantes autour de la souveraineté numérique, la France fait un pas décisif vers la protection des données de santé de ses citoyens. Le 23 avril 2026, la Plateforme des données de santé (PDS), également connue sous le nom de Health Data Hub, a annoncé la sélection de l'entreprise française Scaleway pour héberger les données de remboursement de l'Assurance maladie et autres bases médicales.
Jusqu'à présent, ces précieuses données étaient stockées sur les infrastructures de Microsoft Azure, une décision qui a suscité de vives critiques en raison des préoccupations liées aux lois américaines, permettant potentiellement aux autorités américaines d'accéder à des données stockées en Europe. Ce choix a été remis en question à de multiples reprises, notamment par la CNIL, qui s'oppose à l'hébergement de données sensibles sur des systèmes non européens.
Scaleway, filiale du groupe Iliad (maison mère de Free), a su se positionner comme une solution crédible et conforme aux exigences de sécurité, de performance et de souveraineté. Damien Lucas, directeur général de Scaleway, a déclaré : "Nous sommes fiers d'avoir été retenus par la PDS à l'issue d'un processus de sélection extrêmement compétitif. C'est aussi un symbole, un signal envoyé à tous les acteurs de la santé : une alternative européenne crédible et compétitive existe."
Il est important de noter que Scaleway ne détient pas encore la qualification SecNumCloud, un label décerné par l'ANSSI qui assure une protection contre les lois extraterritoriales. Cependant, Scaleway a annoncé avoir obtenu le jalon "J0" et a engagé des démarches pour obtenir cette certification.
Le communiqué de la PDS souligne que des options de sécurité nécessaires restent à construire, et insiste sur le fait que cette transition ne se fera pas instantanément. Le transfert des données et des infrastructures sera un processus complexe, devant être mené de manière progressive pour assurer la continuité des projets de recherche et la sécurité des informations.
La migration complète des données du Système national des données de santé (SNDS) est prévue entre fin 2026 et début 2027. Cela permettra de garantir qu'il n'y aura aucune interruption des travaux scientifiques en cours, tout en assurant une transition fiable et contrôlée vers le nouvel environnement technique.
Avec cette décision, la France marque une étape importante vers une plus grande autonomie numérique et une meilleure protection des données de santé de ses citoyens. L'avenir de la santé numérique en France s'annonce prometteur, avec des solutions locales qui respectent les normes de sécurité et de souveraineté exigées.
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