Réuni à Lyon du 5 au 7 avril 2026 dans le cadre de la présidence française du G7, le One Health Summit ambitionne de transformer un concept scientifique en engagements concrets. Cependant, cet événement se déroule dans un contexte de recul des financements français en santé mondiale, ce qui soulève des questions sur la portée de cette mobilisation.
Lyon accueillera le One Health Summit, un rendez-vous international conçu comme un sommet d'action, en continuité avec les One Planet Summits. Plus de quarante États, des organisations internationales, des scientifiques et des acteurs privés seront réunis avec un objectif clair : traduire en engagements concrets l'approche dite "Une seule santé".
Né en 2004 et adopté par plusieurs organisations telles que l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le concept repose sur un constat scientifique : la santé humaine, animale et environnementale sont étroitement interconnectées.
L'approche One Health vise ainsi à anticiper les crises sanitaires en intégrant des facteurs souvent traités séparément, tels que le climat, la biodiversité, les systèmes alimentaires et la pollution.
Le sommet de Lyon se concentrera sur trois grands axes :
Ces priorités se traduiraient concrètement dans les travaux thématiques du sommet. Quatre champs seront particulièrement ciblés :
Ces discussions devraient aboutir à des annonces politiques regroupées dans les "Engagements de Lyon", attendus lors de la séquence de haut niveau du 7 avril.
Au-delà des annonces, la France cherche à réaffirmer son rôle dans la gouvernance sanitaire mondiale et à promouvoir un multilatéralisme d'action. Le sommet s'inscrit dans une dynamique plus large, incluant des initiatives comme PREZODE, un réseau international de recherche dédié à la prévention des pandémies, ainsi que des discussions en cours avec l'Organisation mondiale de la santé sur la réforme de l'architecture sanitaire mondiale.
Cependant, cette ambition se heurte à un contexte économique et budgétaire contraint. La France a décidé de réduire significativement sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, prévoyant 660 millions d’euros pour la période à venir, soit un milliard de moins que lors du cycle précédent. Cette inflexion est d'autant plus notable que la France figurait parmi les principaux contributeurs de ce mécanisme, essentiel à la lutte contre ces maladies au niveau international.
Ce décalage entre un leadership politique affiché et la contraction des moyens financiers constitue l'un des enjeux implicites du sommet. Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation des financements internationaux, la capacité à mobiliser des ressources durables apparaît comme une condition déterminante pour crédibiliser les engagements pris à Lyon.