
Avec l'apparition de Copilot Health, Microsoft entre dans la compétition des soins de santé assistés par l'IA. Ce nouvel espace sécurisé est conçu pour rassembler les données médicales des utilisateurs ainsi que celles provenant de leurs dispositifs de santé connectés, dans le but de transformer chaque utilisateur en un patient mieux informé.
Pour l'instant, Copilot Health est uniquement disponible aux États-Unis, mais son lancement soulève des questions sur l'avenir de l'IA dans le secteur de la santé, un domaine qui devient un véritable champ de bataille technologique.
Au cours des derniers mois, nous avons observé une multiplication des initiatives utilisant l'IA dans le domaine de la santé. Celles-ci étaient majoritairement orientées vers un usage professionnel. Cependant, l'arrivée de ChatGPT Health en janvier dernier a marqué un tournant, avec OpenAI rapportant que plus de 230 millions de personnes discutent de santé et de bien-être avec son assistant chaque semaine.
Face à cela, d'autres acteurs, comme Amazon et Google, ont également intensifié leurs efforts dans le domaine, ce qui montre l'intérêt croissant pour les solutions d'IA en santé.
Microsoft affirme que ses produits grand public, y compris Bing et Copilot, traitent déjà plus de 50 millions de questions liées à la santé chaque jour. Cela représente une consultation quotidienne équivalente à la population d'un pays tel que l'Espagne. Une étude récemment publiée par Microsoft, intitulée "Health Check: How People Use Copilot for Health", analyse plus de 500 000 conversations anonymisées pour dévoiler comment les utilisateurs interagissent avec la plateforme.
Les résultats révèlent que près de 40 % des questions concernent la compréhension de symptômes, de pathologies et de traitements. Toutefois, près d'une conversation sur cinq implique un utilisateur décrivant ses propres symptômes ou demandant des conseils pour gérer une pathologie. Cela montre que l'IA ne se contente pas d'être un moteur de recherche, mais devient un interlocuteur médical à part entière.
De plus, une question sur sept est posée pour le compte d'un proche, ce qui souligne l'importance de l'IA dans la coordination des soins au sein des familles.
Copilot Health est conçu pour centraliser les données de santé de l'utilisateur. Il intègre :
Microsoft insiste sur le fait que Copilot Health ne remplace pas le médecin, mais vise à rendre chaque consultation plus productive. L'objectif est que les patients viennent préparés avec des questions pertinentes et un suivi clair de leur santé.
Les données de Copilot Health sont séparées de celles de Copilot classique, chiffrées et protégées par des contrôles d'accès stricts. Microsoft a également obtenu la certification ISO/IEC 42001, un standard international pour les systèmes de gestion de l'IA, validé par un tiers indépendant. Un large panel de médecins et d'organisations, comme AARP et le National Health Council, participe à l'élaboration de la plateforme.
Cependant, il est important de noter que Copilot Health n'est pas soumis au HIPAA, la loi américaine sur la confidentialité des données de santé, car il s'agit d'un service direct au consommateur. Cela soulève des interrogations sur la protection des données et pourrait freiner son adoption internationale.
Actuellement, Copilot Health est uniquement lancé aux États-Unis et le déploiement est progressif, avec une liste d'attente pour les utilisateurs. Microsoft travaille sur le support de langues supplémentaires et l'expansion dans d'autres régions, mais les obstacles réglementaires en Europe, notamment le RGPD, rendent toute expansion complexe.
Le système de santé européen, fragmenté, présente des défis supplémentaires, notamment l'absence d'un réseau de dossiers médicaux comparable à celui de HealthEx aux États-Unis.
Les acteurs de l'IA s'accordent à dire que cette technologie pourrait devenir le principal vecteur des parcours de santé des consommateurs. La combinaison de données fiables, d'un raisonnement clinique solide et d'une confiance inébranlable sera cruciale pour réussir dans ce domaine. Le marché européen, avec ses exigences réglementaires strictes mais aussi son large potentiel, pourrait devenir le prochain champ de bataille décisif dans la santé numérique.