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Confinement : moins de pollution, mais une montée inquiétante du méthane, décryptée par la science

David Lee19 février 2026sante
Confinement : moins de pollution, mais une montée inquiétante du méthane, décryptée par la science

Un paradoxe climatique révélateur

Les confinements imposés durant la pandémie de Covid-19 ont constitué une expérience sans précédent pour les scientifiques du climat. Grâce à des observations combinant satellites, réseaux de mesures au sol et modèles climatiques, ils ont pu analyser comment des changements rapides dans l'activité humaine et le cycle de l'eau ont affecté l'équilibre mondial des gaz à effet de serre.

Un air plus pur, mais un méthane en hausse

Au printemps 2020, les images de villes désertées et de ciels dégagés ont alimenté l'idée d'une pause bénéfique pour le climat. En effet, les émissions de dioxyde de carbone ont significativement diminué pendant quelques mois. Cependant, dans le même temps, un autre gaz a suivi une trajectoire inverse : le méthane. Bien qu'il soit moins visible que le dioxyde de carbone, le méthane est redoutablement efficace pour piéger la chaleur.

Une hausse sans précédent

Les données montrent que le méthane a connu une augmentation sans précédent depuis le début des mesures modernes dans les années 1980. Cette hausse n'est pas due à une explosion des émissions humaines, mais plutôt à un affaiblissement temporaire du mécanisme naturel qui élimine ce gaz de l'atmosphère.

Le rôle des radicaux hydroxyles

Normalement, le méthane est décomposé par des radicaux hydroxyles, des molécules très réactives générées par des réactions impliquant la lumière solaire et certains polluants issus de la combustion. Lorsque les confinements ont réduit le trafic routier, aérien et industriel, les émissions d'oxydes d'azote ont chuté. Ces derniers jouent un rôle clé dans la formation des radicaux hydroxyles. Par conséquent, moins de pollution a entraîné une réduction de la capacité de nettoyage de l'atmosphère.

Des résultats d'étude révélateurs

Une étude publiée début février 2026 dans la revue Science indique que cette baisse de l'oxydation explique environ quatre cinquièmes des variations annuelles observées dans l'accumulation du méthane au début de la décennie. Les chercheurs, relayés par Smithsonian Magazine, ont reconstitué ce phénomène en combinant des mesures au sol du réseau de la National Oceanic and Atmospheric Administration, des observations satellitaires japonaises GOSAT et plusieurs modèles atmosphériques indépendants.

Un phénomène global

Cette convergence de données met en évidence que le ralentissement des activités humaines a indirectement prolongé la durée de vie du méthane déjà présent dans l'air. Parallèlement, une autre dynamique s'est manifestée loin des zones urbaines. Les premières années de la décennie ont coïncidé avec un épisode prolongé de La Niña, entraînant des précipitations plus abondantes dans de nombreuses régions tropicales.

Les zones humides comme sources de méthane

Les sols saturés et l'expansion des zones inondées ont créé des conditions idéales pour les micro-organismes producteurs de méthane. Les analyses menées par l'équipe internationale dirigée par Philippe Ciais révèlent que les zones humides d'Afrique tropicale et d'Asie du Sud-Est ont été les principales contributrices à l'augmentation des émissions naturelles entre 2019 et 2022.

  • Les eaux intérieures, les lacs et les rizières ont également intensifié ce phénomène.
  • Les signatures isotopiques du méthane observées dans l'atmosphère confirment une origine majoritairement microbienne, et non une fuite massive liée aux énergies fossiles ou aux incendies.

Une représentation incomplète

Des chercheurs de Boston College, cités par Eurekalert, soulignent que ces systèmes naturels sont souvent mal représentés dans de nombreux modèles climatiques. Leur réponse rapide aux variations de température et d'humidité explique pourquoi le méthane a continué d'augmenter alors que certaines émissions humaines diminuaient.

Un appel à la vigilance

L'épisode du début des années 2020 met en lumière une réalité préoccupante : les politiques de qualité de l'air et de réduction des émissions ne produisent pas toujours des effets simples et immédiats sur le climat. Comme l'a résumé l'Agence spatiale européenne dans une analyse publiée en février 2026, les surprises climatiques dépendent autant de la réaction de l'atmosphère que de la quantité de gaz émis.

Un suivi essentiel

La reconstruction du bilan mondial du méthane jusqu'en 2023 montre que la récente baisse de son rythme de croissance s'explique à la fois par le retour progressif des radicaux hydroxyles et par des conditions plus sèches liées à El Niño dans certaines régions d'Amérique du Sud. Cette variabilité rapide souligne l'importance d'un suivi continu, associant satellites, réseaux de mesures au sol et modèles intégrant chimie atmosphérique et climat.

Conclusion

Alors que près de 160 pays se sont engagés dans le Global Methane Pledge pour réduire leurs émissions d'ici la fin de la décennie, la leçon est claire : limiter les rejets humains reste indispensable, mais comprendre l'influence du climat sur les sources naturelles devient tout aussi crucial pour éviter de nouvelles hausses inattendues du méthane dans les années à venir.

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Author

David Lee

Créateur de Contenu chez Sigal Industries.

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